• Deux courts poèmes

    Deux courts textes que leur auteur, Pascal de Lavalade, m'a autorisé à publier. Qu'il en soit remercié.


    Dialogue

     

    La mère

    Mais il ne manque rien, ma fille, à ta tenue ?
    Sans ta blouse nylon, tu dois te sentir nue.

     

    La fille

    La blouse ? Je refuse. Avec, j’ai bien trop chaud.

     

    La mère

    Ma fille, tu choisis : la blouse ou le cachot.
    Dans le cachot, bien sûr, tu porteras la blouse,
    Tu ne reverras pas de sitôt la pelouse,
    Le ciel et le jardin, notre belle maison.

     

    La fille

    Je refuse, c’est tout, ce n’est pas la saison.

     

    La mère

    Croupir au frais pendant tes deux mois de vacances
    Toute seule, c’est bien. Mais ça, tu t’en balances ?
    Au lieu de te trouver des amis, un copain,
    Tu préfères de l’eau, quelques quignons de pain ?

     

    La fille

    Une blouse ? Jamais ! Vous m’entendez bien, mère.

     

    La mère

    Alors, tu vas dormir sur la paillasse amère,
    Viens, je vais te montrer ta future maison.

     

    La fille

    Et comment saurez-vous que dans votre prison
    J’ai ma blouse ? Oh là là ! car en douce je l’ôte…

     

    La mère

    C’est vrai, nous ne serons pas un jour côte à côte,
    Je fermerai ton col avec un cadenas.
    Tu sais, j’en ai dressé bien d’autres, des nanas,
    Je connais ton envie incroyable de mordre ;
    Tu n’as qu’à m’obéir quand on te donne un ordre.

     

    La fille

    Mère je ne mets point ma blouse, simplement.

     

    La mère

    Lors, c’est ton dernier mot, ma fille ? Quel tourment,
    Préférer la cellule… Allez ! viens, ma chérie.

     

    La fille

    Oh non ! pas le cachot, mère, je vous en prie.
    Je l’enfile, voyez ! ma blouse de nylon,
    Je la garde, promis, de la chambre au salon,
    Je ne l’ôterai plus, regardez, je suis brave.
    Oh ! ne m’enfermez pas, s’il vous plaît, à la cave.

     

    La mère

    C’est trop tard, il fallait y réfléchir avant…
    J’ai mon idée, elle est passée en coup de vent.

     

    La fille

    De la connaître, alors, mère, je suis pressée.

     

    La mère

    Pas de cachot mais une… une bonne fessée.
    Ma fille, courbe-toi vite sur mes genoux.

     

    La fille

    Mère, j’ai dix-neuf ans, vous le rappelez-vous ?

     

    La mère

    Certes, je sais ton âge enfin, ma grande fille,
    Mais ton âge mental. Un rien, une vétille,
    Tu n’es qu’une gamine ! A ne pas oublier,
    Une gamine doit porter un tablier.
    Je te dis ça, malheur ! je sais que tu t’en fiches.

     

    La fille

    Mère, vous ne pensez qu’à me cingler les miches
    Cela me fait bobo car vous claquez très fort.

     

    La mère

    Tu dois aimer cela, tu ne fais pas d’effort.
    Puis assez discuter, tu prends ta couverture.

     

    La fille

    Ça par exemple ! Mais, mon esprit se torture ;
    Vous avez, je crois, dit, -pas de cachot-. Et là,
    Vous voulez m’enfermer dans ce lieu. C’est cela ?
    Pas de fessée… Enfin ! Votre idée est passée.

     

    La mère

    Ma fille, tu l’auras au cachot ta fessée.


    Une bonne fessée         

     

    Madame, savez-vous, ce que j’ai mérité ?
    Je dois, de votre main, recevoir la fessée.
    J’attends ; vous me parlez avec sévérité :
    J’arrive, je suis là, tout nu, tête baissée.

    Vous me traitez, alors, de vilain garnement ;
    Je viens vers vous, honteux. « Il faut bien que tu puisses
    Comprendre qui commande. Et viens rapidement
    Te coucher, t’installer, en travers de mes cuisses. »

    Votre bras me ceinture, et je vous suis soumis ;
    Vous me serrez, glissant une main sous mon ventre.
    Sur mon échine court un troupeau de fourmis,
    Mon cœur bat, j’ai les yeux fermés, je me concentre.

    Vous prenez la voix douce, et c’est mon réconfort.
    Vous dites : « tu le sais, mon chéri, si tu bouges,
    Ma paume giflera ton derrière plus fort,
    Tes fesses deviendront, tu le comprends, plus rouges. »

    « Je vous aime, Madame, et vous me faites mal. »
    Mon corps arqué sursaute à la première claque.
    Il coulera peut-être un filet lacrymal
    Qui fera, sur le sol, une petite flaque.

    Dans un rythme effréné, le bras monte et descend.
    « Ah ! Tu veux la fessée ? Alors, je te la donne...
    Tu vois... chéri... cela fait circuler... le sang...
    Cesse de... gigoter... c’est moi... qui te l’ordonne... »

    Pan, pan, pan... Je vous vois maîtresse en un manoir ;
    Sous le plafond s’étire une poutre de chêne.
    Maîtresse, vous portez, un bel ensemble noir ;
    Mes poignets sont liés aux maillons d’une chaîne.

    Oh ! Rêve ou cauchemar ? Mais je ne pense à rien.
    Ma cuisante fessée est notre accord tacite.
    Madame, j’ignorais que vous fessiez si bien ;
    Vous y prenez plaisir : me punir vous excite.

                           ≈ ≈ ≈ ≈ ≈ ≈ ≈ ≈ ≈ ≈ ≈ ≈

    Cette correction dure un très long moment...
    Non ! cela va trop loin. Je pleure, je proteste.
    Rien ne peut ralentir les coups de la main preste :
    Oui, je sais vous voulez me punir longuement...

    Ne me corrigez plus, arrêtez ce tourment.
    Si vous ne cessez point, promis, je vous déteste ;
    Maîtresse, laissez-moi les forces qu’il me reste :
    Suis-je donc votre esclave ou ton prince charmant ?

    Entre deux lourds sanglots, je distille ma prose ;
    Regardez votre main, sa paume est toute rose :
    Oui, j’écrirai, Madame, un aimable sonnet.


    Dans lequel je dirai que je hais la fessée
    Et puis que j’ai de vous une peur insensée.
    «  Madame, par pitié, non, pas le martinet ! »

     

     

     

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